Gouverner en jouant au poker
8/01/2020 |
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Gouverner en jouant au poker
Bluff, du bluff, rien que du bluff.
Tel est le constat de beaucoup d’observateurs concernant le mode de gouvernance appliqué à Madagascar depuis un an environ.
Autant, on a critiqué la vision de Rajaonarimampianina avec son Fisandratana 2030, autant on ne peut qu’être séduit par les maquettes et le développement rapide, à la vitesse TGV, promise par le régime actuel, avec son IEM.
Mais le constat est tout de même amer, quand on vit à Madagascar, au rythme des embouteillages, de l’insécurité, et le flou artistique ambiant.
Le peuple malagasy découvre presque tous les jours des promesses de la part du président, pourtant au niveau des faits, ça ne suit pas.
Pour l’instant, le président se contente d’inaugurer, à grands coups de communications, les projets de l’ancien régime, souvent repeints en orange, pour être sous la couleur du pouvoir en place.
Les choses sérieuses ne sont pas entamées pour l’instant. Le MEDEF, qui a été convié pour le développement, dans un partenariat PUBLIC- PRIVE a plié bagages, et le financement des bailleurs de fonds restent pour l’instant bloquées.
Pour les fêtes de la fin de l’année 2019, la présidence a promis 65000 AR aux fonctionnaires, mais ça s’est soldé par une grève de la part de ceux qui n’ont rien vu de la somme promise. La primature assure pourtant que cette décision a été prise en conseil des ministres, mais le premier ministre contredit sa maison en disant qu’on n’a jamais parlé de la somme lors de ce conseil.
La JIRAMA a beau être remaniée, en changeant les différents directeurs, y compris le DG qui est remplacé par nomination, par un ministre, limogé quelques semaines plus tôt, aucune amélioration ne semble pointer son bout du nez. Le délestage fait rage, et si ce n’est pas l’électricité qui manque à l’appel, c’est au tour de l’eau potable d’être coupée, et ce, pendant plusieurs heures.
AIR MADAGASCAR quand a elle multiplie les annulations, suite à plusieurs pannes et un disfonctionnement qui trahit un gros problème financier.
C’est sous ce climat tendu que Madagascar début l’année 2020, où la présidence joue gros. Après un an au pouvoir, Andry RAJOELINA ne pourra pas se cacher derrière des annonces, il faudra maintenant concrétiser.
La fuite en avant n’est plus l’attitude adaptée à la situation, et contrairement au jeu de poker, le bluff ne permet pas de gagner la partie.
H2R