Madagascar : Kraoma, la faillite
23/02/2020 |
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Exploitation minière
Les employés de la KRAOMA vivent comme des sinistrés
Les employés de la KRAOMA auprès du site d’exploitation de chromite à Brieville, vivent depuis quelques mois comme des sinistrés qui attendent qu’on leur vienne en aide et qu’on leur apporte à manger.
Leur condition de vie, notamment avec leurs salaires impayés et l’arrêt de l’exploitation de ce minéral, est tout simplement déplorable, leur obligeant à lancer des cris de détresse à plusieurs reprises.
Hier, une aide d’urgence a été acheminée sur place: une vingtaine de tonnes de riz, 500 litres d’huile, des bougies et des savons. Un don du ministère des Mines (MMRS) pour 445 employés de la société d’Etat.
Pour l’administration minière, il s’agit là d’une «solution purement sociale». Mais jusqu’à quand cette aide suffira-t-elle,surtout qu’aucune solution à court termes n’est encore avancée concernant le paiement des arriérés de salaires de ces employés? Cette situation ne pourra être débloquée qu’après la reprise des activités à Brieville.
Or, la KRAOMA devra s’en sortir toute seule, avec le peu de matériels à sa disposition, après le départ de la compagnie russe Ferrum Mining, avec laquelle elle a signé un contrat de joint-venture.
L’équipe dirigeante de la KRAOMA devra alors présenter auprès du ministère des Mines un plan de redressement, la semaine prochaine.
Ce sera une occasion de déterminer le moment de la reprise des activités à Brieville avec les moyens humains et matériels. En tout cas, le MMRS s’assurera qu’une fois les activités relancées, cette société ne devra plus se confronter à des problèmes de carburants ou de pièces de rechange comme auparavant.
Le ministre Fidiniavo Ravokatra a donc rassuré que toutes les mesures nécessaires seront prises.La transparence sera cependant de mise pour réinstaurer la confiance réciproque entre les responsables de la société d’Etat et son personnel.
Ces employés attendent, par exemple, quelle sera la suite du départ de la compagnie russe Ferrum Mining.
En tout cas, c’est un grand défi que la société malgache a à relever actuellement, si ce n’est qu’avec les 101 milliards d’ariary d’arriérés et les 39 milliards de pertes qu’elle a enregistré.
Rado Andriamampandry