Madagascar /PEM : Les bailleurs de fonds en attente d’un plan «précis»
19/02/2020 |
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Madagascar /PEM : Les bailleurs de fonds en attente d’un plan «précis»
Le régime en place a mis du temps pour élaborer le plan national. Beaucoup s’attendent à ce que ces longues attentes aboutissent à un plan bien ficelé
Le Plan Emergence de Madagascar (PEM) est attendu pour ce mois de février, au plus tard au début du mois de mars, d’après ce qu’a confié le ministre des Finances, Richard Randriamandranto, à un quotidien local.
Après des longues périodes d’attente, on s’attend donc à un plan bien ficelé et détaillé, s’il sortira, bien sûr, pour de bon cette fois-ci. C’est du moins ce qu’attendent les partenaires techniques et financiers (PTF) de la Grande île.
«Comme la plupart des bailleurs de fonds, nous soutenons les grandes orientations de la stratégie de développement du pays, qui est celle des autorités malgaches.
Nous avons cependant besoin de plus de détails et d’un chiffrage précis sur le PEM», a de nouveau insisté le représentant du Fonds monétaire international (FMI), Marc Gérard.
Même le Grand argentier malgache admet qu’il faut s’assurer que tous les éléments d’appréciations permettent aux partenaires de s’associer au développement et d’apporter leurs contributions financières et techniques.
Ces PTF n’ont pas encore de détails sur les sources de financement des projets qui seront inclus dans ce plan national.
«Nous allons regarder tous les projets que les autorités veulent développer. Nous allons essayer de voir combien coûte ces projets et comment ils pourront être financés et qui vont les financer.
C’est là que nous avons besoin de détails. Nous avons déjà fait un diagnostic d’ensemble, et il est bon d’accroître la taille de l’enveloppe pour accélérer les investissements dans ce pays», selon toujours Marc Gérard du FMI.
Recourir à plus d’endettement
Le ministre des Finances, Richard Randriamandranto, avait déjà confié que 17,4 milliards de dollars de ressources propres de l’Etat seront mobilisés dans les quatre années à venir, et que la même somme sera attendue des PTF et/ou des investisseurs privés.
Pour ce faire, l’Etat compte recourir à plus d’endettement, au-delà des deux milliards de dollars. Ce qui dépasse largement le plafond de 900 millions de dollars que les autorités locales se sont convenues avec le FMI.
«Après des analyses, la dette de la Grande îleest viable et soutenable. La dette publique représente 40% du PIB.
Il y a de l’espace pour augmenter les enveloppes et les fonds de développement. Le financement n’est d’ailleurs pas un problème. Pour attirer les investisseurs privés, il faut des projets rentables.
Pour attirer les investisseurs publics et les bailleurs de fonds, il faut des projets qui répondent aux priorités de développement du pays», a souligné Marc Gérard.
Ceci ne veut pas dire pour autant qu’il faut relâcher la vigilance. Le vrai blocage, à termes, sur la soutenabilité de la dette sera la recette que Madagascar pourra récolter.
Car «la mobilisation de ces recettes est la clé de développement», souligne-t-il.
La Société civile, quant à elle, s’est déjà prononcée sur ce sujet et n’a pas manqué d’émettre des réserves, notamment sur le choix des investissements et de leurs priorisations.
L’Etat avait-il fait des comparaisons au niveau des financements possibles?, s’est demandé Hony Radert du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC).
«Il faut prioriser les emprunts concessionnels, mais il faut veiller à ce que les conditions soient respectées (cas des emprunts concessionnels chinois qui cachent des restrictions au niveau du choix des prestataires).
Pour les emprunts à taux non concessionnels, pour 2020, la société civile a déjà mis en cause le prêt que l'Etat veut faire pour faire des hôpitaux», a-t-elle rappelé.
Rado Andriamampandry