Pourquoi Madagascar n'en a pas encore fini avec ses révolutions?
1/11/2016 |
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Depuis la colonisation, Madagascar essaie de se trouver une indépendance, qui, disons le clairement, n'est pas encore acquise.
Sans vouloir refaire un cours d'histoire, on sait tous que les régimes qui se sont succédés dans notre pays ont été mis en place pour le compte d'autrui, pendant que le peuple se fait manipuler, au profit de puissances étrangères.
De crise en crise, de révolutions en révolutions, les générations se succèdent, mais le système reste le même, laissant le Malgache mendier sur ses terres.
Mais quel est alors le mal qui ronge notre pays?
Le système, nos lois, notre structure administratif et de gouvernance laissent trop de places à une confusion des prérogatives, à un manquement de contrôles et laissent un champ libre à plusieurs improvisations et interprétations où tout le monde peut avoir raison.
Prenons l'exemple de notre constitution, où chaque parti peut en tirer un avantage, en appuyant sur des ambigà¼ités des textes, comme le fameux article 54 concernant les majorités parlementaires et son application au sein de l'exécutif.
Par conséquent, les lois ne garantissent plus la légitimité des institutions, et on finit par se trouver dans une situation où finalement, la loi est du côté des plus forts.
Au sein même des institutions, on a assisté à une dissolution d'un bureau permanent à l'assemblée nationale, et cela continue au sénat où mes sénateurs aux-même remettent en cause leur président pour avoir procédé à une nomination hors procédures, pour les membres de son cabinet . Les exemples sont nombreux, mais dans la vie de tous les jours, la population finit par créer leurs lois, où le verdict populaire ( Fitsaram-bahoaka) devient un réflexe primaire, pour régler n'importe quel différent.
Nous pouvons dire que Madagascar est dans une crise institutionnelle profonde, où la séparation des pouvoirs, garant de la démocratie, est loin d'être effective, et les bénéficiaires en sont les plus riches et les plus forts, ce qui conduit à cette lutte insensée pour se rapprocher du pouvoir, au prix du sang du peuple.
Pour nous, Madagascar est dans une situation non résolue , car au fil des bouleversements politiques, on a changé les hommes sans toucher au système.
Pourtant, notre seul espoir, à chaque tournant de notre histoire, se repose sur des slogans tirés de nos vraies valeurs "Fihavanana", "Firaisankina", "Fahamarinana" ... Alors au lieu de nous inspirer des autres, pourquoi ne pas revenir vers nous-mêmes, observer nos grands ROIS, leurs lois, ainsi que le système social de nos anciens, pour construire de nouvelles structures sociétales, sans lesquelles, nous ne seront à l'abri de nouvelles révolutions?
H2R
Etropique
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