Réagissant pour la première fois sur laffaire Claudine Razaimamonjy, le Premier ministre préfère sen remettre à la Justice. Il soutient par ailleurs que le séjour mauricien de la prévenue est une évacuation sanitaire. Réaction. En marge de la cérémonie de passation de commandement du directeur général de la police nationale, hier à Ivato, Solonandrasana Olivier Mahafaly, Premier ministre, a brisé le silence au sujet de laffaire Claudine Razaimamonjy. Pour sa première réaction sur le sujet, le locataire de Mahazoarivo a soutenu: « Laissez la Justice faire son travail. ( ) Le dernier mot appartient à la Justice ». Devant les journalistes, le chef du gouvernement a demandé larrêt des polémiques et des accusations à tout va dans cette affaire, et de laisser la Justice et les enquêteurs faire la lumière sur le sujet. Profitant de loccasion, les journalistes lont questionné sur le contexte du déplacement de la « boss » de lA&C hotel à lîle Maurice. Selon Solonandrasana Olivier Mahafaly donc, « comme lont affirmé diverses entités administratives, il sagit dune évacuation sanitaire et non pas dune évasion comme le soutiennent certains ». Accusé de détournement de deniers publics, dabus dautorité et de corruption, entre autres, Claudine Razaimamonjy a été placée sous mandat de dépôt par la Chaîne pénale anti-corruption (CPAC), à lissue de son audition par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco) le 6 avril. Retour Au prononcé de sa détention préventive, lhôtelière a fait un malaise et a été conduite aux urgences du Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU-HJRA). Après avoir été gardée en observation, la dame a quitté lhôpital, le lundi 10 avril à 3 heures 30 pour rejoindre laéroport dIvato et embarquer dans un avion privé afin de joindre lîle Maurice. « Une évacuation sanitaire », selon un document présenté par un responsable du CHU-HJRA aux journalistes et aux membres du bureau du Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM), le jour-même. Les circonstances du départ de Claudine Razaimamonjy ont cependant entrainé lire de la magistrature et du Syndicat des agents pénitenciers, qui ont dénoncé le non respect des procédures concernant lévacuation sanitaire dune prévenue sous la coupe dune détention préventive. Cette situation a amené le SMM à évoquer léventualité dun cas d« évasion organisée ». Des doutes motivés, notamment, par la révélation du Procureur général de la Cour dappel (PGCA), selon lequel la patronne de lA&C hotel fait lobjet de deux Interdictions de sortie du territoire (IST), dont la dernière est datée du 7 avril. Dans les débats, les responsables de la Police de lair et des frontières (PAF), ayant été lune des cibles des feux croisées de lopinion ont tenu une conférence de presse, la semaine dernière. Devant les journalistes, le commandant de la Paf a affirmé qu« à leur niveau », les documents motivant lévacuation sanitaire de laccusée pour corruption étaient en règle. Questionnés sur lexistence des IST, linterlocuteur a bâclé le sujet en demandant de sadresser à dautres autorités. En marge de la passation de commandement du directeur général de la Police nationale hier, le Premier ministre Mahafaly sest également exprimé sur la question du retour de la propriétaire de palace dIvato. « Comme lappareil nécessaire à ses examens nexiste pas à Madagascar, elle a bénéficié dune évacuation sanitaire. Attendons lexpiration de son séjour pour voir si elle rentrera ou non. Lorsquelle sera de retour au pays, nous verrons ce que la Justice décidera », a soutenu numéro 2 de lExécutif. Garry Fabrice Ranaivoson Source:lexpressmada.com